Aïkido et martialité 2/2

Publié le 11 Juin 2013

Partie 2. La place de la martialité en Aïkido.

Il est parfois reproché que "l’aïkido ne fonctionne pas", que notre discipline (ou la manière dont elle est enseignée) est trop chorégraphiée. La martialité dans la pratique de l’aïkido est donc quelques fois remise en question, et ne semble pas sauter aux yeux comme une évidence à tous. Il est donc important de réfléchir à ce qu’est la martialité et à sa place dans notre discipline.

Aïkido et martialité 2/2

L’aïkido est une voie d’étude (un « Dô ») : celle du geste parfait pour atteindre un but même dans l'adversité. Ceci passe dans un premier temps, par le fait d'aiguiser ses sens, sa vigilance, maîtriser et connaître son propre corps, ses déplacements dans le temps et dans l’espace, ses émotions aussi. Et de ce fait, l’aïkido est très chorégraphié. Une fois les gestes et déplacements maîtrisés, il est alors important d’apporter du réalisme à la situation. La martialité est donc présente à tout moment car la technique permet d'annihiler chez l'autre tout désir de placer des obstacles sur notre route. Mais avant de pouvoir mettre tout son poids sur une seule articulation et conclure un mouvement, il est important d'apprendre à se déplacer convenablement et au moment propice. D'autant qu'une grande part d’incertitude est introduite par les réactions du partenaire. De plus, notre art martial propose non seulement une issue respectueuse à Tori (celui qui "conduit" le mouvement), mais aussi à Uke (celui qui attaque et "subit" le mouvement). L’aïkido se pratiquant dans un dojo avec des partenaires (et non des adversaires), il est nécessaire de laisser le temps et l’opportunité à chacun de se préserver, quelque soit le rôle endossé. C’est le principe du respect de l’intégrité physique et mentale du partenaire.

Aïkido et martialité 2/2

L’aïkido est donc limité de part et d’autre : la préservation du partenaire d’une part, et la volonté de s’imposer d’autre part. Ainsi, le Dojo est un lieu où nous apprenons, où nous ne punissons pas un placement inapproprié du point de vue martial. Toutefois, il faut y introduire une (des) réalité(s) martiale(s) à mesure que nous progressons. Les principes martiaux appris ne prennent tout leur sens que dans une application, une confrontation "véritable". Néanmoins, sur la forme, il y aura des différences car les adversaires ne réagiront peut-être pas comme ceux que l’on peut rencontrer à l’entraînement. Pour toutes ces raisons, apprendre à tordre un poignet ne suffit pas : se placer et placer les différents segments de son corps de telle sorte que cette torsion soit efficace, qu'elle soit faite avec un minimum d’effort, rester en sécurité, dans un confort certain, connaître, contrôler et maîtriser le niveau de douleur occasionné sont autant d’aspects fondamentaux et que l'Aïkidoka choisit d'intégrer dans un Dojo.

Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #art, #education

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