Publié le 29 Avril 2013

Se tenir entre terre et ciel

La recherche de la posture la plus confortable est une composante de l'Aïkido. Une « mauvaise » posture peut entraîner des traumatismes tandis qu’une « bonne » posture permet de décupler la puissance de la technique et assurer un grand confort de pratique.

Comme tous les autres membres, la tête a un poids. Il est donc préférable de la placer sur la ligne des épaules. Posée trop en avant ou en arrière, elle devra être retenue principalement par les muscles du cou (mais pas seulement car par réaction en chaîne, tous les autres groupes musculaire seront mis à contribution pour assurer l'équilibre global du corps). Si ceux-ci la retiennent en permanence, ils seront trop souvent contractés et fatigueront rapidement. Une tête posée sur les épaules tient en équilibre presque sans effort. Martialement, il est aussi important de la placer hors de portée des Atemi potentiels ; parfois légèrement en retrait, ou légèrement en avant à d’autres moments. Néanmoins, ces variations de placements doivent rester temporaires, furtifs et exécutés à certains instants précis.

De plus, il convient de poser les épaules sur les hanches. Les raisons sont les mêmes que précédemment. Les épaules et le dos sont néanmoins mobiles et participent aux actions de manière plus marquée que la tête. La flexion du dos sera faite la plupart du temps en conclusion d’un Nage Waza (technique de projection). La mobilité des épaules est, quant à elle, très importante. La capacité à « fermer » une épaule facilite le relâchement des bras et donne plus de puissance à la projection au prix d'un faible effort musculaire. C’est le cas par exemple en conclusion d’Irimi Nage ou de Tenchi Nage lorsque la main plonge dans le dos de Uke.

De la même manière, il est préférable de poser les hanches sur les pieds. Cet aspect postural permet en effet de s’ancrer au sol et de transmettre l’énergie du sol au reste du corps, comme une ondulation amplifiée par les jambes, les cuisses, puis le tronc, le dos et enfin les épaules. Le sol est en effet le point fixe qui permet à la balle de rebondir ou au sprinter de sortir des starting-blocks dans un mouvement explosif et puissant. La flexion des genoux est à rechercher en ayant toujours à l’esprit l’idée de conserver au moins l’un des appuis au sol et l’une des hanches sur une verticale de cet appui.

Se tenir entre terre et ciel

Pour finir, un soin particulier sera porté à la posture du bassin en rétroversion, à l’ouverture des épaules et à l’étirement de la colonne vertébrale. Quelque fois, les Aïkidoka oublient que les hanches sont sur les côtés du corps, juste au-dessus des cuisses. Les hanches ne sont donc pas le nombril placé le plus loin possible vers l’avant. Je veux dire par là qu’à vouloir trop travailler avec les hanches, certains pratiquants se cambrent trop (j’en fis d’ailleurs partie). Une cambrure du dos trop marquée entraînera inévitablement des maux de dos après plusieurs années de pratique. Ce défaut, tout comme celui de vouter le haut du dos, se corrigent très facilement en contractant les abdominaux, en emmenant le haut du crâne vers le ciel et les épaules vers l’arrière et le bas afin d’étendre au maximum la colonne vertébrale. C’est d’ailleurs un exercice postural conseillé aisément réalisable en-dehors du Tatami.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education

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Publié le 8 Avril 2013

La recherche du centrage

Le centrage est très important dans la pratique de l’Aïkido. Il se traduit par une posture permettant de construire et conduire les techniques avec une aisance et un équilibre évidents. Voici des éléments y contribuant et qu’il est donc important de mettre en place.

Les bras ont un poids. Ainsi, ils participent à la stabilité du corps mais ils peuvent aussi engendrer des déséquilibres. Cette stabilité est obtenue en les conservant au plus près de l’axe nez-nombril, sur une verticale. Ils peuvent aussi jouer le rôle de contrepoids dans certaines situations, ou donner de la vitesse à un geste (comme les lancers). Des bras fonctionnant en miroir l’un de l’autre, ou décrivant des trajectoires inverses contribuent donc à stabiliser le corps globalement autour d’un axe tout en insufflant une énergie au mouvement rotatif. Par ailleurs, plus ils sont relâchés, plus ils transmettent l’énergie créée par le déplacement du tronc.

Ainsi, pour générer le plus de puissance possible, les déplacements de l’Aïkidoka doivent être à l’image de ceux des autres sportifs : initiés par les hanches. Les membres périphériques suivent en étant relâchés, restituent et amplifient ainsi toute la force générée par leur déplacement. Il peut s’agir de rotations des hanches (henka), mais aussi de bascules du buste vers l’avant (conclusion d’Irimi Nage), ou encore d’une ondulation de tout le tronc (conclusion d’Ude Kime Nage). Ainsi, schématiquement, les mains bougent sur un axe très proche de la verticale tandis que les hanches pivotent ou avancent et sont responsables des déplacements horizontaux.

La recherche du centrage

La bascule du buste vers l’avant requiert une attention particulière à plusieurs niveaux. Les hanches doivent avancer toutes les deux. Si les bras sont trop en avant, le pratiquant positionne parfois ses hanches en arrière de manière excessive pour retrouver son équilibre et Uke, trop éloigné, ne subit plus la pression de Tori. L’action du dos cumulée à la contraction des muscles abdominaux apportent une force complémentaire importante à l’action (immobilisation ou projection).

Personnellement, je privilégie de plus en plus les pivots des hanches (henka) aux translations et pas marqués (tenkan) car ils me permettent de me déplacer beaucoup plus rapidement que mes partenaires et d’en rester très proche. En général, Irimi alors qu’Uke déclenche son attaque est un déplacement suffisant pour réduire la distance et me placer au cœur du mouvement. Plus je resterai proche de l’axe du mouvement, moins je mettrai de temps à me déplacer. Inversement, plus Uke sera éloigné de cet axe, plus il (elle) aura de distance à parcourir et plus il (elle) luttera contre la force centrifuge générée. Tenir cet axe me permet donc d’être plus stable, plus dense aux yeux de Uke et plus rapide que lui (ou elle).

Le centrage permet donc à Tori d’être plus puissant(e), plus rapide, plus dense tout en améliorant le confort de sa pratique, son équilibre et en utilisant un minimum de force musculaire. Il n'est donc pas surprenant de voir que le centrage est un élément technique utile à tous les sports, particulièrement aux arts martiaux et aux sports de combat.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education

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