Publié le 28 Août 2013

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Cinq techniques de la nomenclature de l’Aïkido occupent une place particulière car elles sont définies comme étant « les cinq principes de l’Aïkido » : Ikkyo, Nikyo, Sankyo, Yonkyo et Gokyo dans cet ordre. S’il paraît évident qu’Ikkyo est la plus fondamentale (par son apparente simplicité chorégraphique et le fait qu’elle sert de base de travail à bien d’autres techniques, notamment les autres principes), pourquoi avoir choisi Nikyo comme deuxième principe ? En effet, la chorégraphie de Nikyo en fait une technique plus complexe à retenir que Sankyo ou Yonkyo, par exemple. De plus, cette gestuelle ne se retrouve pas dans la plupart des autres techniques de l’Aïkido. Pourquoi ne pas avoir choisi Kote Gaeshi ou Shiho Nage en lieu et place de « deuxième » (Ni) « principe » (Kyo) ? Il est donc évident que ces techniques éduquent l'Aïkidoka et qu'elles doivent être étudiées dans un certain ordre.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Grâce à Ikkyo, l'Aïkidoka apprend à créer et gérer un déséquilibre. Celui-ci est obtenu par synchronisation avec son (sa) partenaire en le (la) fixant sur son appui arrière (forme Omote) ou en prolongeant son action (forme Ura). Il est donc intéressant de concevoir le déséquilibre de Uke comme étant le premier des principes de l’Aïkido, fondement de toutes ses techniques.

Nikyo est quant à elle, une technique de contrôle du partenaire, agissant mécaniquement sur les articulations. Ce contrôle intervient après avoir créé un déséquilibre. Etre en mesure de contrôler de manière bienveillante un(e) partenaire est un deuxième principe incontournable de notre art martial favori.

La spirale et le cercle caractérisent l’Aïkido et permettent d'unir les intentions de Uke et Tori. Sankyo incite à créer des axes et à construire un mouvement en spirales autour de ceux-ci. L'éducation porte alors sur le centrage et les pivots du corps. Les axes sont aussi bien horizontaux (forme Omote) que verticaux (forme Ura).

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Yonkyo renvoie indéniablement à l’énergie, aux points d’acuponcture et aux méridiens de la médecine orientale. Il serait en effet surprenant que cette fameuse énergie vitale « Ki » ne figure pas parmi les principes fondamentaux de la voie de l’union des énergies ! Bien qu’en apparence simple à réaliser, il est extrêmement facile d’en retourner le cours si Tori ne bloque pas l’énergie de Uke. Il s’agit incontestablement de l’une des techniques les plus difficiles à maîtriser pour qui ne s’intéresse pas aux aspects énergétiques. Son apparente simplicité chorégraphique peut nous faire passer à côté de son essence.

Il paraît logique que Gokyo renvoie à la martialité, la liberté contre l’adversité convaincue de sa supériorité. Gokyo met en jeu les quatre premiers principes et nous apprend à affirmer notre détermination (autre traduction du mot « Ki ») face à Uke armé d’un Tanto alors que Tori est désarmé.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Si nous reprenons dans cet ordre les cinq principes énoncés, une progression cohérente se dessine alors : déséquilibrer Uke, contrôler Uke de manière bienveillante, construire un mouvement en spirale autour d’un axe, maîtriser la circulation de l’énergie dans le corps, et pour finir, se forger une attitude martiale. Chacune des techniques, et même au-delà de cela, l'Aïkido de chacun(e), peuvent ainsi être construits selon ces critères successifs et dans cet ordre.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #education

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