Objectif : individualiser la transmission

Publié le 11 Février 2013

Objectif : individualiser la transmission

Vingt-et-une petites vignettes sont soigneusement collées dans mon passeport sportif d’Aïkidoka. 21 années de pratique, certaines plus intensives que d'autres... Quelques pages plus loin figurent les stages auxquels j'ai participé. Effectivement, certaines années ont été plus intensives que d'autres. Mes stages en témoignent... Mais certains m’ont plus apporté que d’autres…

Les premières pages sont remplies presqu’exclusivement de stages privés avec mon tout premier professeur. Quelques stages de ligue et quelques stages avec des techniciens de haut grade figurent ici et là. Je me souviens de ces stages où je ne comprenais pas ce qu'on me demandait de faire, où les gens ne pratiquaient pas tout-à-fait comme moi. Je me souviens aussi qu'il était très difficile d'être corrigé car il y avait beaucoup de monde et que l’animateur ne pouvait pas sans arrêt venir me voir. J'en sortais interpelé, incapable de remettre en œuvre ce qui m’avait été proposé et reprenais la pratique en club comme si rien ne s’était passé. Mais j'ai continué à y participer, non pas pour progresser, mais pour qu'ils soient notifiés dans ce précieux passeport. Et à chaque fois cette phrase revenait : "c'est un beau stage, il y a du monde !". Génial ! Et mon professeur en rentrant me demandait ce qu'on avait vu : "C'était super ! Un beau stage ! On a vu Ikkyo sur Men Ushi, puis Shiho Nage sur Katate, puis...". J'avais été incapable de déchiffrer ce que l'on attendait de moi !! C’est seulement au bout de plusieurs années de pratique que je me suis finalement posé la question "c'est quoi un beau stage ?". Trois points de vue m'apparaissent : celui du pratiquant, celui de l'organisateur et celui de l'animateur.

Objectif : individualiser la transmission

Du point de vue du pratiquant, l’accessibilité du travail proposé, l’écoute et les corrections du professeur, ainsi que les progrès visibles ou pistes de travail acquis grâce à ce stage doivent être les aspects privilégiés. Tous les pratiquants sans exception aimeraient être corrigés individuellement par le technicien et avoir des consignes claires. Chacun est différent, chacun emprunte un chemin différent, le technicien apporte en stage un regard extérieur sur des imperfections que le professeur de club ne voit pas toujours. Il explique les techniques différemment et montre un chemin. Un stage avec un public nombreux n'est donc pas forcément gage de progression, car le lien avec le professeur n'est pas forcément direct. A chacune et chacun d'y aller en toute connaissance de cause et à savoir s'il/elle est en mesure d'acquérir quelque chose sans necéssairement être corrigé(e) individuellement.

Pour être devenu organisateur de stages en 2006, je peux dire que ce rôle est le plus stressant car l’organisateur n’a presqu’aucune emprise sur ce qui arrivera. Il ne peut que communiquer largement au risque d’être trop insistant. Pour lui, Il me semble que c'est le nombre de stagiaires et leur satisfaction qui priment. En effet, l'idée est de faire venir un technicien qui permettra aux élèves de progresser. Comme il l'apprécie particulièrement, il tient à le faire connaître. Puisqu’il le fait venir de loin, il voudrait qu'il se déplace pour un maximum de monde, lui offrir "un beau stage". Parce qu’il a harcelé le service des sports de la ville pendant plusieurs semaines pour avoir une surface suffisante, il voudrait du monde pour occuper les 600 m2 de tapis quand le représentant de la mairie harcelée viendra faire un discours devant les journalistes locaux...

Du point de vue de l'animateur, c'est un mélange de rentabilité financière, de témoignages de sympathie que les stagiaires lui ont porté, leurs progrès réalisés ou initiés, la convivialité et l'échange. Bien entendu, tous ces critères varient largement d'un individu à l'autre, plusieurs aspects peuvent être même inexistants. Ils peuvent aussi varier pour un même technicien d’un stage à l’autre, en fonction des objectifs fixés. En effet, ces derniers sont différents pour un stage de ligue ou un stage privé, ou encore lorsqu’il s’agit d’un premier rendez-vous dans une nouvelle région. Certains techniciens, professionnels et amateurs, privilégient la convivialité, l'échange et se montrent très concernés par la progression de chaque stagiaire.

Objectif : individualiser la transmission

Me concernant, le critère financier est négligeable. Ces dernières années, j’avais en effet choisi de suivre en priorité des animateurs veillant personnellement à ma progression technique, me corrigeant et me montrant le chemin, parce que nous n’étions qu’une dizaine ou une petite vingtaine sur le tapis, parce qu'ils prenaient le temps d'échanger. Suivant ces exemples, la mission que je me donne donc en stage comme en cours est d'apporter quelque chose à chaque Aïkidoka présent(e) sur le Tatami.

Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education

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