Publié le 26 Janvier 2014

Stage d'Aïkido au Mont Lozère durant le week-end de l'Ascension !

Jean-Jacques Cheymol, Pascal Sobrino et moi-même auront le plaisir de co-animer un stage d'Aïkido de plusieurs jours au Mont Lozère du 29 mai au 1er juin.

Ce stage aura lieu dans un gîte proposant de nombreuses activités de loisir. Il y a donc des possibilités d'hébergement en pension complète pour vous et vos proches avec la possibilité de pratiquer d'autres activités que l'Aïkido (VTT, randonnée, balades en poney, parcours aventure, accrobranches, ...). Toutes les informations sont disponibles sur le site du gîte : http://montlo.com

Pour vous inscrire à ce stage, merci de contacter Jean-Jacques et l'association ESCAL34 :

Site du club : http://escal34.free.fr

Courriel : escal34@yahoo.fr

Téléphone : 06 13 59 36 64

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #stage, #education

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Publié le 13 Janvier 2014

Séminaire du CTR FFAAA Franc-Comtois du 11 janvier 2014

Le Collège Technique Régional (CTR) de la ligue FFAAA franc-comtoise animait samedi 11 janvier son deuxième séminaire de la saison. Celui-ci avait pour objectif de réfléchir aux notions de déséquilibre et de Ma-aï ainsi qu'aux outils pédagogiques proposés par notre discipline pour les développer. Voici les points essentiels qui y ont été abordés.

Séminaire du CTR FFAAA Franc-Comtois du 11 janvier 2014

Le déséquilibre est fondamental dans le sens où il est le pré-requis à toute technique d'Aïkido. A ce titre, la technique incontournable pour apprendre et expérimenter le déséquilibre est Ikyo, le premier principe de l'Aïkido ! Il est possible de définir plusieurs formes ou manières de déséquilibrer :

- le déséquilibre par fixation, illustré par Ikyo Omote, technique durant laquelle l'appui arrière de Uke est fixé au sol,

- le déséquilibre par continuité qui peut être démontré par Ikyo Ura durant laquelle l'action de Uke est prolongée et amplifiée,

- le déséquilibre par action-réaction de Uke qui peut être aussi vu comme un mélange savamment exécuté des deux déséquilibres précédents.

Cette formalisation est un outil pédagogique sur lequel il est possible de s'appuyer pour construire des cours portant sur le déséquilibre.

Les critères observables ont aussi été abordés et illustrés. Citons-en quelques-uns :

- la perte d'un ou plusieurs appuis au sol,

- la déstructuration de la posture,

- la perte du centrage,

- le déséquilibre peut aussi être psychologique, on parlera alors de déstabilisation du partenaire lorsqu'une expression paniquée ou de surprise peut se lire sur le visage de Uke.

Séminaire du CTR FFAAA Franc-Comtois du 11 janvier 2014

Les moyens mis en oeuvre par Tori pour déséquilibrer Uke sont la création d'une extension du début à la fin du mouvement et le choix d'une direction appropriée pour déséquilibrer Uke. Ces moyens sont liés à la gestion de la distance (Ma-aï) entre Uke etTori. Ce point a donc tout naturellement été abordé dans une deuxième partie du séminaire.

Cette gestion de la distance est nécessaire pour préserver sa propre intégrité. Pour être maîtrisée par Tori, elle est guidée par une idée très claire du point sur lequel le contact (De-aï) doit avoir lieu avec Uke et la direction qui sera donnée à l'action ensuite. Celle-ci requiert aussi une capacité à relâcher les bras et à contracter les muscles du tronc de manière à assurer une intention forte et une grande disponibilité. Des bras et des jambes trop raides sont en effet souvent les causes d'une mauvaise gestion de la distance.

Yokomen Ushi Shiho Nage ou Kote Gaeshi sont très certainement deux des techniques les plus indiquées pour démontrer et expérimenter le Ma-aï. Etre hors de portée d'un Atemi, relâché, disponible et mobile sont autant de critères observables et/ou sous-objectifs de cours traitant de la gestion de la distance.

Pour conclure techniquement sur ce séminaire, nous avons insisté sur l'importance de deux outils pour ces deux notions : la frappe (Atemi) et l'intention (Ki). Ceux-ci permettent en effet de se situer et de fixer des directions d'action.

Ce séminaire fut le deuxième des quatre programmés cette saison. Nous remercions tous les Aïkidoka qui nous soutiennent dans cette action que nous prenons plaisir à mettre en place au sein de notre ligue. Le prochain séminaire du CTR sera consacré à la préparation individualisée des candidats aux passages de grades Dan. Il sera organisé en ateliers de mises en situation d'examen. Les membres du CTR étant les juges fédéraux de ces examens, il s'agit là d'une occasion unique pour les futurs candidats de les rencontrer et d'avoir un retour personnalisé sur les prestations que ceux-ci attendent en juin prochain.

Comme tous les séminaires du CTR, celui-ci est gratuit et ouvert à tous les licenciés FFAAA.

Sur un plan plus personnel, je suis heureux de pouvoir annoncer qu'il aura lieu sur le Tatami sur lequel j'ai fait mes premières chutes ! Merci aux professeurs du Dojo FC et à son président d'avoir accepté de mettre ce Dojo à notre disposition.

Rendez-vous samedi 22 mars de 16h à 19h au Dojo Franc-Comtois, 4 rue des Chalets à Besançon.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #federation, #education, #stage, #besancon

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Publié le 8 Janvier 2014

Belle et heureuse année à tous !

Hervé Guénard, 6ème Dan UFA, DEJEPS, membre du CTR de Franche-Comté FFAAA, animera un stage à Besançon le 19 janvier 2014 !

A bientôt sur les tatamis bisontins !!

Plus d'informations sur le site de l'EPAM : http://aikido-espacesportif.fr

Plus d'informations sur le site de l'EPAM : http://aikido-espacesportif.fr

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #federation, #stage

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Publié le 17 Décembre 2013

En guise de cadeau pour ces fêtes de fin d'année, voici deux vidéos magnifiques et très différentes illustrant à quel point l'Aïkido est une belle discipline.

La première est une démonstration d'Aïkido de Magali Chambenoit en fauteuil roulant.

La seconde est une démonstration de Marc Bachraty aux Ken et Boken.

A savourer sans modération !

Heureuses fêtes de fin d'année 2013 à toutes et tous !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #art, #budo, #handicap

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Publié le 21 Novembre 2013

Le maniement du Boken en Aïkido

Nous sommes de nombreux Aïkidoka à être très attachés au travail du Ken. A travers lui, nous remontons à la source de notre art martial favori. C’est traditionnel, c’est formateur et en plus, c’est fun ! Le Ken est l’Arme du Samouraï ! Pour autant, le Boken nous permet-il de mieux comprendre le message d’O Senseï ? Il nous permet de matérialiser une coupe, c’est-à-dire une séparation, une dissociation ! Tout le contraire d’une union ! De plus, l’issue est alors irréversible, définitive ! Où sont donc l’harmonie, la compassion et la bienveillance ? Tout cela semble, a priori, bien loin de la philosophie de l’Aïkido…

Certes, le Boken peut être vu comme un outil pédagogique. Le travail du sabre est en effet intéressant pour mieux comprendre les déplacements, les directions dans lesquelles l’intention doit être portée. Il permet aussi d’introduire de la « martialité », de créer une situation plus dangereuse qu’à l’accoutumée. Toutefois, il ne s’agit que de la partie immergée de l’iceberg ! L’Aïkido n’est pas seulement un catalogue de techniques, de poses, de gestes et de chorégraphies complexes à maîtriser, c’est aussi et avant tout un outil nous permettant de devenir meilleurs. En quoi apprendre à trancher quelqu’un en deux nous rend-il meilleurs ?!

Le maniement du Boken en Aïkido

L'entraînement au maniement du Ken nous oblige donc à nous demander ce qui fait de nous des Aïkidoka car celui-ci nous pousse mentalement à l'une des frontières de notre discipline : donner la mort ! O'Sensei a pourtant inclus cette pratique dans son art. En chercher les raisons peut nous permettre de mieux comprendre le message qu'il a souhaité nous transmettre.

Le simple fait d'exécuter des techniques d'Aïkido nous définirait plus comme Aïkijutsuka. Et encore, ces techniques sont transmises dans bien d'autres arts martiaux. Plus généralement, à partir de quel moment peut-on dire que nous sommes Aïkidoka quand nous pratiquons ?

Selon plusieurs documents, notamment l'interview de Me André Noquet ci-dessous, O'Sensei semblait persuadé que la pratique, l'exécution et la répétition des techniques d'Aïkido influencent notre esprit, notre manière d'être. L'entraînement physique a donc pour objectif de guider l'Esprit. Par conséquent, il faut être particulièrement attentif à l'état d'esprit dans lequel nous exécutons et enseignons les techniques une fois la gestuelle maîtrisée ou partiellement acquise.

Voici donc les pistes que j’explore actuellement :

  • mesurer l’importance et la gravité des gestes (coupes, piques, ...) simulés,
  • signifier le plus clairement possible à Uke qu’il est en position de faiblesse par le biais de son attitude,
  • ne recourir à une coupe définitive qu’en cas d’absolue nécessité, par exemple, si Uke reste belliqueux alors que vaincu,
  • chercher avant tout à mâter l’agressivité de Uke et non Uke lui-même et pour finir
  • se servir du Boken pour tenir Uke en respect.

Si maîtriser la chorégraphie des techniques et la manière de les rendre efficaces est incontournable, cela ne suffit pas à être Aïkidoka. Ce dernier a un état d'esprit bien particulier. L'observation scrupuleuse de ces points permet, me semble-t-il, de rester fidèle à la philosophie de l'Aïkido tout en s’entraînant minutieusement au maniement du Ken. Les coupes sont bien présentes, en apparence les gestes et les déplacements sont les mêmes que ceux enseignés dans d'autres arts martiaux, mais ils sont effectués dans un esprit conforme et propre à la philosophie si particulière de l'Aïkido. Les principes proposés par notre art pour construire et conduire les techniques sont alors eux-aussi respectés et travaillés : la synchronisation avec Uke et la rupture de son équilibre, le contrôle bienveillant de la situation, la construction de mouvements en spirale autour d'axes, la maîtrise et la circulation de l'énergie et l'attitude martiale.

Torii de Miyajima photographié par Cécilia Cayla.

Torii de Miyajima photographié par Cécilia Cayla.

Durant l'entraînement au maniement du Ken, nous sommes donc confrontés au paradoxe de notre art : l'Aïkido est un art martial de paix !

Un axe de réflexion m'a été proposé récemment par un Aïkidoka très expérimenté : « Le loup peut choisir la clémence, l’agneau n’a pas d’autre choix que d’être clément. ». Cela signifierait qu'il faut aller aux limites, s'y confronter, peut-être même maîtriser des outils situés au-delà de ces limites avant de pouvoir un jour les transcender et choisir de ne pas les utiliser ou de les utiliser d'une autre manière. La boucle serait alors bouclée : la pratique forge le mental, une fois la maîtrise acquise c'est le mental qui forge l'outil...Tout un programme, toute une Voie...

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #budo, #aikido, #education, #art

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Publié le 18 Novembre 2013

Michel Erb, 5ème Dan UFA, BE2 et DTR de Franche-Comté FFAAAA animera un stage de ligue à Besançon dimanche 8 décembre 2013.

A bientôt sur les tatamis bisontins !

Plus d'informations sur le site de la ligue Franche-Comté FFAAA : http://aikido-franchecomte.org

Plus d'informations sur le site de la ligue Franche-Comté FFAAA : http://aikido-franchecomte.org

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #federation, #aikido, #stage

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Publié le 7 Novembre 2013

L’engouement des Français pour l’Aïkido est incontestable ! La France est en effet la deuxième nation (après le Japon) comptant le plus grand nombre d’Aïkidoka ! Certains traits historiques, sociologiques et culturels communs peuvent l'expliquer, notamment l'esprit de chevalerie fermement ancré dans ces deux nations. Mais il n’explique pas tout car l’esprit chevaleresque existe aussi dans bien d’autres civilisations qui ne comptent pourtant pas autant de pratiquants qu’en France. La lecture de l’essai d’Edward T. Hall intitulé « La dimension cachée » m’a apporté d'autres éléments de réponse.

Merci à Cécilia Cayla pour cette magnifique photographie !

Merci à Cécilia Cayla pour cette magnifique photographie !

Dans cet ouvrage, l’auteur exprime et analyse de quelle manière la culture des civilisations influence les comportements des citoyens. L’auteur remarque, entre autres, de quelle manière les cartes routières sont représentées et la manière dont sont organisées les villes Françaises. Nous avons adopté une organisation radiographique et concentrique pour nos villes. A Paris, par exemple, l’Arc de Triomphe est l’élément central de la ville, voire même du pays entier. Les routes irradient de ce point vers l’extérieur. Cette organisation peut être mise en parallèle de celle des maisons Japonaises construites autour d’un Tatami central : les meubles et les murs bougent au gré des besoins. Les japonais se regroupent en ce point et le quittent le moins possible : le Tatami sert successivement de table, de bureau, de cuisine, de lit, de terrain d’entraînement, etc. Cette organisation centrale renvoie à la structuration des mouvements de l’Aïkidoka : en spirale. La rondeur des mouvements d’Aïkido et leur construction par enroulement autour d’un axe central sont donc particulièrement appréciées des Français.

Pourquoi les Français apprécient-ils tant l’Aïkido et le Japon ?

La seconde observation intéressante faite dans ce livre repose sur la quantité importante d’informations répertoriées sur nos cartes routières : aux tracés des routes viennent s’ajouter les panoramas, les vestiges de notre histoire, les lieux culturels, les restaurants, les forets, etc. L’auteur insiste sur le fait que les Français utilisent tous leurs sens pour voyager, communiquer, travailler, se divertir... Or, chaque technique d’Aïkido mobilise tous les sens. La pureté et la beauté des gestes sont intensément recherchés par la plupart des Aïkidoka Français. L’Aïkidoka doit faire appel aux sensations tactiles aussi bien qu’à la vue et l’ouïe (les Kiaï, le sifflement des armes lors des frappes, etc.). Il est même invité à développer des sensations internes et à sentir une énergie circuler en lui ! Selon les observations d’Edward Hall, le Français mobilise tous ces sens pour communiquer avec son interlocuteur et c’est exactement ce que l’Aïkido lui propose !

Cependant, à mon sens, l’Aïkido est perçu par la beaucoup de Français comme une voie d’accomplissement et d’épanouissement plus que celle d’un guerrier. C'est peut-être là que résident toutes les différences entre nos pratiques et nos conceptions respectives de l’Aïkido, cet art qui nous fait nous sentir si proches du Japon !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #art, #budo, #sport, #education

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Publié le 26 Septembre 2013

Magali Chambenoit oeuvre avec d'autres Aïkidoka pour l'accueil du public handicapé sur les Tatami d'Aïkido au sein de l'association Aïkido Handi Valide. Magali a très gentiment accepté de répondre à mes questions.

Aïkido Handi Valide. Interview

Bonjour Magali, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour Julien, j’ai commencé l’Aïkido il y a 15 ans. J’avais enfin trouvé ma voie…j’ai tout de suite accroché et me suis épanouie dans la pratique.

Aujourd’hui, on me connait au travers du handicap et de l’Handi-Valide. J’ai remarqué que très peu de gens savent exactement de quel handicap je suis porteuse, et ça m’amuse toujours de les écouter l’expliquer. En même temps, je n’aime pas en parler. Quand j’ai commencé, j’étais déjà malade, mais je ne le savais pas moi-même. Après le diagnostic il y a eu la période critique où je n’ai plus eu le droit de monter sur les tatamis (période où j’écoutais encore les médecins), et où je ne me définissais qu’au travers de la maladie et de ce que je ne pouvais plus envisager. Puis, j’ai fini par m’en remettre quand j’ai compris que les médecins n’avaient pas de solution, et qu’il ne tenait qu’à moi de vivre le mieux possible avec mes moyens.

Quand on me demande quel est mon handicap, j’ai beaucoup de mal à l’exprimer. Est-ce que c’est le fauteuil roulant ? Les appareillages qui me permettent de marcher ? Les douleurs constantes, diffuses, perpétuelles ? La fatigue ? Les luxations ? Tout cela ? Plus encore ? Et puis, je n’aime pas en parler parce que mon handicap est invisible, et que la partie immergée de l’iceberg - ce que les gens en perçoivent - fait déjà peur. Ce qu’il faut retenir, c’est que j’ai une maladie orpheline qui touche les tissus conjonctifs (peau, tendons, ligaments, cartilages,….) et qu’il faut pratiquer l’Aïkido avec moi, comme on pratique avec un enfant…

En tous cas, je me suis aperçue que sitôt l’étiquette posée, je ne pouvais plus pratiquer l’Aïkido comme je le faisais auparavant… Pour moi, l’handi-valide est un moyen de me rendre utile et de donner un sens à tout ce par quoi je suis passée.

Tu œuvres depuis plusieurs années pour ouvrir la pratique de l’Aïkido aux personnes handicapées. Peux-tu nous parler des différentes actions menées en ce sens ?

Nous avons créé l’Atelier d’Aïkido Handi-Valide avec une poignée d’Aïkidoka et de personnes handicapées, voire des Aïkidoka handicapés.

Nos actions suivent deux axes :

  • La recherche : dans nos cours nous accueillons des personnes en situation de handicap, nous en faisons de gentils cobayes. On essaie de trouver avec eux des façons de dépasser les limites imposées par leur handicap et si possible, de développer des méthodes et des aides techniques qui puissent être applicables quelque soit le handicap.
  • La sensibilisation : nous avons déjà donné deux rendez-vous aux Aïkidoka, dans le cadre de « portes ouvertes ». L’objectif est d’apprivoiser le handicap :
    • aller à la rencontre des personnes handicapées,
    • donner des pistes qui permettent aux professeurs comme à tout Aïkidoka d’accueillir une personne avec un handicap,
    • d’entrer en contact avec des Aïkidoka désireux d’ouvrir des sections « handi-valides » ou d’ouvrir tout simplement les portes de leur dojo aux personnes ayant un handicap.
Aïkido Handi Valide. Interview

Quels conseils donnerais-tu donc à un enseignant d’Aïkido face à une personne handicapée souhaitant apprendre l’Aïkido ? Quelles sont les choses à éviter ou à mettre en œuvre absolument ?

Avant tout, le professeur n’est pas le seul interlocuteur de la personne handicapée, s’il ne se sent pas apte à prendre en charge la personne handicapée « tout seul », il faut qu’il s’en remette à ses élèves. Il est donc important que le professeur tienne compte des attentes de son groupe d’élèves et choisisse le créneau le plus pertinent pour accueillir ce public.

En soi, je ne conçois pas le handicap différemment de la jeunesse ou de la vieillesse. C’est un public spécial au même titre que les deux autres publics à ceci près qu’il fait peur, car moins connu. Autour de moi, les témoignages me font part d’une dynamisation du groupe à l’arrivée d’une personne handicapée.

En priorité, je crois qu’il faut :

COMMUNIQUER : C’est le meilleur moyen de respecter la personne en situation de handicap, l’aider à dépasser les limites qu’elle se représente, optimiser ses capacités et les développer. Pour cela, Il est très utile de savoir comment le handicap est apparu, depuis combien de temps, s’il est stabilisé, s’il y a eu des aggravations, … Il ne faut pas oublier de demander s’il n’y a pas d’autres soucis qui n’ont rien à voir avec son handicap. Il faut se renseigner sur ses motivations pour répondre au mieux à ses attentes. Il faut savoir quels sports elle a essayé en tant que personne handicapée,…

S’INFORMER : Evidement, l’élève qui est handicapé possède un certificat médical. Le professeur n’est pas un médecin. Donc on n’attendra jamais de lui qu’il ait des connaissances médicales approfondies. Ceci dit, il y a tout de même un minimum de connaissances à avoir pour ne pas mettre en danger un pratiquant handicapé ou son partenaire, et cela quel que soit le handicap. Il est donc utile de laisser faire sa curiosité en allant soi-même chercher des informations sur le handicap, d’autant que la personne peut avoir des difficultés à en parler pour divers raisons (deuil inachevé notamment).

Ce public attend-il d’un professeur d’Aïkido qu’il (elle) lui propose des objectifs particuliers ou différents ?

Je distingue trois familles d’handicaps :

  • handicap acquis : accident de la vie ou maladie

Faire le deuil et reconstruire une image de soi est long et compliqué. Il faut se renseigner sur l’ancienneté du traumatisme. Evidemment, deux personnes ne mettront pas autant de temps à retrouver goût à la vie… Il faut avoir une attention particulière sur ceux dont la vie a changé récemment car aller se confronter aux valides n’est pas anodin et ils peuvent être très fragiles psychologiquement. Il vaut donc mieux proposer des idées d’aides, de méthodes et surtout laisser une grande place à la communication (tout en y mettant des limites car il y a un moment où ils risquent de devenir bavards, quand ils commenceront à s’ouvrir).

  • handicap inné : malformation, accident périnatal, maladie

Nés avec le handicap, ils ont souvent une très bonne connaissance de leurs possibilités et n’ont cessé d’aller au-delà de leurs limites, surtout s’ils ont eu la chance d’avoir des parents qui les ont stimulés. Dans un cours enfant, il faut surtout demander à leurs parents un maximum d’informations, et le moins possible les stigmatiser. Donc laisser les enfants faire à leur façon ce qu’on leur demande.

  • handicap évolutif : accident de la vie non-stabilisé, maladie dégénérative,…

Il est très dur d’accepter un état qui n’est pas définitif, soit on peut recouvrir des facultés : on n’est jamais content de ce que l’on a et on en veut toujours plus ; soit on perd petit à petit et en plus on voit vers quoi on se dirige… Dans les deux cas, il s’agit souvent de personnes lunatiques, très dures, … S’ils se plaignent (car ils le font plus que les autres), il faut tenter de les distraire. Ils auront aussi tendance à se mettre en échec et à vous en imputer la faute… Restez positif, mettez en avant leurs réussites, et ne leur mettez aucun objectif à moyen ou long terme, mais plutôt au coup par coup en fonction de leur moral, de leur forme physique du jour. Je sais de quoi je parle puisque je suis de cette famille…

Aïkido Handi Valide. Interview

Nous (la plupart des enseignants d’Aïkido) connaissons très mal ce public. Face à un(e) élève handicapé(e), doit-on faire comme si le handicap n’existait pas et laisser cet élève trouver lui(elle)-même les solutions, ou lui proposer des techniques à la carte ?

On prend la personne dans son ensemble et on ne se focalise pas sur le handicap. La principale difficulté est de créer le lien de confiance. Faire de l’Aïkido et dans tous les cas, avoir une activité physique au milieu de « valides », c’est sortir d’une zone de confort dans laquelle on accepte plus ou moins le handicap. Pratiquer une activité physique au milieu de valides n’a donc rien d’anodin.

Handicap moteur : La personne handicapée est celle qui connait le mieux son handicap et son corps, même si elle se met des limites dans sa tête. Mais une fois qu’elle commence à les dépasser, il se peut qu’elle ait ses solutions pour aller toujours plus loin. Vous n’êtes là que pour lui apporter l’Aïkido, elle apportera le reste. Ceci dit, si vous avez un élève qui arrive en fauteuil roulant, je vous invite à lui demander de vous en prêter un pour l’aider à chercher…

Cécité : la communication est évidement la clé, mais il existe des astuces pour aider la personne à acquérir les chutes, les déplacements,….

Surdité : le handicap est moins facile à gérer qu’il n’y parait. On aurait tendance à penser qu’il suffit d’accepter le port des prothèses auditives le temps des explications du professeur, ou de connaître la LSA®. Pourtant, c’est bien plus compliqué que cela….

Handicap psychique et mental : encore une vaste famille dans ce monde méconnu du handicap. Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans ce domaine. J’ai initié des groupes d’adultes handicapés mentaux, et je crois que je n’ai jamais passé d’aussi bons moments ! Et quand il s’est agi d’accueillir une personne handicapée mental dans notre groupe, j’ai demandé à l’un de ses proches de rester avec elle pendant le cours jusqu’à ce que chacun se sente à l’aise. Du point de vue pédagogique, le cours enfant ou adolescent peut très bien leur convenir.

Tes professeurs et toi avez mis au point des outils qui pourraient être utiles aux enseignants accueillant des Aïkidokas malentendants. Peux-tu nous les présenter ?

La LSA® (Langue des Signes Aïkido) a été créée par Sylvie Guillard et ses élèves sourds profonds, Fabien Barjon et Araï Garcia. Ces élèves utilisent la langue des signes pour communiquer entre eux.

Il faut comprendre que pour eux, le Français est une langue étrangère plus ou moins maîtrisée. Ils ont donc des difficultés dans la compréhension écrite comme orale. Il ne suffit pas de leur donner un livre sur l’Aïkido pour compenser ce que le professeur explique et qu’ils ne comprennent pas.

Quand Sylvie est devenue professeure dans ce club, Fabien était bloqué eu 2ème Kyu depuis quelques années. Il lui manquait la communication pour évoluer. Elle n’a pas hésité à prendre des cours de langue des signes. De là, elle a codifié la nomenclature de l’Aïkido pour lui permettre d’évoluer.

A présent, grâce à elle, Fabien et Araï (arrivé au club après Fabien), sont 3ème Dan ! Fabien m’a accompagnée dans l’aventure Handi-Valide et il a passé son BF avec succès ! Bref, merci Sylvie !

Je n’y suis pour rien dans la LSA®, j’ai juste conduit le projet de la mettre sur DVD…

En avez-vous créé ou envisagez-vous d’en créer pour d’autres types de handicaps ?

Autant une codification de la nomenclature est quelque chose qui peut s’utiliser en toute circonstance pour communiquer avec un sourd qui signe, autant je ne vois pas de moyen de codifier les techniques pour le travail en fauteuil par exemple. En effet, parmi la population en fauteuil, un bon tiers est capable de tenir debout, même parmi les paralysés. Bref, le fauteuil est une aide technique qui ne définit en rien le handicap. Je ne peux donc que donner des pistes au cas par cas pour adapter les techniques au fauteuil : chaque handicapé a un handicap différent de son voisin, même si l’atteinte est la même sur le papier.

Nous ne voulons donc pas codifier les choses. Néanmoins, nous souhaitons diffuser, proposer et peut-être créer des outils pédagogiques et des aides techniques.

Aïkido Handi Valide. Interview

Quelles sont les actions que tu souhaiterais voir être mises en œuvre au niveau National ? Un réseau de clubs œuvrant dans ce sens est-il en train de se constituer ? Sous quelle forme ?

J’aimerais mutualiser les expériences, et en déduire des outils que l’on pourrait mettre à la porté de tout le monde au travers d’un site internet par exemple… Beaucoup de personnes handicapées ont pratiqué l’Aïkido avant nous, beaucoup de professeurs qui s’y sont intéressés et ont développé leurs propres astuces. Nous n’apportons rien de neuf en réalité. Mais nous aimerions faciliter les choses en concentrant toutes les expériences, en animant des forums où nous pourrions répondre aux uns et questionner les autres,…

Comme les personnes handicapées ne peuvent avoir leur place dans tous les cours et stages, nous soumettons l’idée de cours handi-valides : des cours spécifiquement ouverts aux personnes portant des handicaps plus lourds. Il pourrait s’agir d’un cours « interclub » dans une grande ville par exemple avec des professeurs et des Aïkidoka motivés prêts à partager et transmettre leur expérience avec ce public si particulier.

En tous cas, depuis que nous avons débuté notre activité, plusieurs personnes ont manifesté leur volonté de nous suivre. Des projets se montent un peu partout en France. Certains affichent leur « ouverture à tout public », d’autres démarchent carrément des centres de rééducations, des centres APF ( Association des Paralysés de France). La plupart du temps, la difficulté est de trouver des locaux accessibles.

Merci pour toutes ces réponses et ces précisions. Quels sont les évènements à venir ? Comment te contacter pour obtenir plus d’informations ?

Cette année nous ferons à nouveau des portes ouvertes vers fin Avril 2014, chez nous dans le Var.

Vous pouvez nous suivre sur Facebook : aikido handi-valide

Et nous contacter par mail : handivalideaikido@gmail.com

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education, #interview, #handicap

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Publié le 28 Août 2013

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Cinq techniques de la nomenclature de l’Aïkido occupent une place particulière car elles sont définies comme étant « les cinq principes de l’Aïkido » : Ikkyo, Nikyo, Sankyo, Yonkyo et Gokyo dans cet ordre. S’il paraît évident qu’Ikkyo est la plus fondamentale (par son apparente simplicité chorégraphique et le fait qu’elle sert de base de travail à bien d’autres techniques, notamment les autres principes), pourquoi avoir choisi Nikyo comme deuxième principe ? En effet, la chorégraphie de Nikyo en fait une technique plus complexe à retenir que Sankyo ou Yonkyo, par exemple. De plus, cette gestuelle ne se retrouve pas dans la plupart des autres techniques de l’Aïkido. Pourquoi ne pas avoir choisi Kote Gaeshi ou Shiho Nage en lieu et place de « deuxième » (Ni) « principe » (Kyo) ? Il est donc évident que ces techniques éduquent l'Aïkidoka et qu'elles doivent être étudiées dans un certain ordre.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Grâce à Ikkyo, l'Aïkidoka apprend à créer et gérer un déséquilibre. Celui-ci est obtenu par synchronisation avec son (sa) partenaire en le (la) fixant sur son appui arrière (forme Omote) ou en prolongeant son action (forme Ura). Il est donc intéressant de concevoir le déséquilibre de Uke comme étant le premier des principes de l’Aïkido, fondement de toutes ses techniques.

Nikyo est quant à elle, une technique de contrôle du partenaire, agissant mécaniquement sur les articulations. Ce contrôle intervient après avoir créé un déséquilibre. Etre en mesure de contrôler de manière bienveillante un(e) partenaire est un deuxième principe incontournable de notre art martial favori.

La spirale et le cercle caractérisent l’Aïkido et permettent d'unir les intentions de Uke et Tori. Sankyo incite à créer des axes et à construire un mouvement en spirales autour de ceux-ci. L'éducation porte alors sur le centrage et les pivots du corps. Les axes sont aussi bien horizontaux (forme Omote) que verticaux (forme Ura).

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Yonkyo renvoie indéniablement à l’énergie, aux points d’acuponcture et aux méridiens de la médecine orientale. Il serait en effet surprenant que cette fameuse énergie vitale « Ki » ne figure pas parmi les principes fondamentaux de la voie de l’union des énergies ! Bien qu’en apparence simple à réaliser, il est extrêmement facile d’en retourner le cours si Tori ne bloque pas l’énergie de Uke. Il s’agit incontestablement de l’une des techniques les plus difficiles à maîtriser pour qui ne s’intéresse pas aux aspects énergétiques. Son apparente simplicité chorégraphique peut nous faire passer à côté de son essence.

Il paraît logique que Gokyo renvoie à la martialité, la liberté contre l’adversité convaincue de sa supériorité. Gokyo met en jeu les quatre premiers principes et nous apprend à affirmer notre détermination (autre traduction du mot « Ki ») face à Uke armé d’un Tanto alors que Tori est désarmé.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Si nous reprenons dans cet ordre les cinq principes énoncés, une progression cohérente se dessine alors : déséquilibrer Uke, contrôler Uke de manière bienveillante, construire un mouvement en spirale autour d’un axe, maîtriser la circulation de l’énergie dans le corps, et pour finir, se forger une attitude martiale. Chacune des techniques, et même au-delà de cela, l'Aïkido de chacun(e), peuvent ainsi être construits selon ces critères successifs et dans cet ordre.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #education

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Publié le 8 Juillet 2013

Un manga à découvrir pendant vos vacances

Ume est un petit garçon bagarreur et violent. Cette série Manga montre de quelle manière la découverte et l'exploration des différentes facettes de l'Aïkido lui permettent de faire face aux démons qui le tiraillent et l'aident à traverser ses graves problèmes familiaux..

Evil Heart présente une histoire touchante, racontant en toute humilité et avec réalisme, tout ce qu'un Budo telle que l'Aïkido, peut apporter.

Un manga à découvrir pendant vos vacances

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #jeunes, #education

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