Publié le 11 Juin 2013

Partie 2. La place de la martialité en Aïkido.

Il est parfois reproché que "l’aïkido ne fonctionne pas", que notre discipline (ou la manière dont elle est enseignée) est trop chorégraphiée. La martialité dans la pratique de l’aïkido est donc quelques fois remise en question, et ne semble pas sauter aux yeux comme une évidence à tous. Il est donc important de réfléchir à ce qu’est la martialité et à sa place dans notre discipline.

Aïkido et martialité 2/2

L’aïkido est une voie d’étude (un « Dô ») : celle du geste parfait pour atteindre un but même dans l'adversité. Ceci passe dans un premier temps, par le fait d'aiguiser ses sens, sa vigilance, maîtriser et connaître son propre corps, ses déplacements dans le temps et dans l’espace, ses émotions aussi. Et de ce fait, l’aïkido est très chorégraphié. Une fois les gestes et déplacements maîtrisés, il est alors important d’apporter du réalisme à la situation. La martialité est donc présente à tout moment car la technique permet d'annihiler chez l'autre tout désir de placer des obstacles sur notre route. Mais avant de pouvoir mettre tout son poids sur une seule articulation et conclure un mouvement, il est important d'apprendre à se déplacer convenablement et au moment propice. D'autant qu'une grande part d’incertitude est introduite par les réactions du partenaire. De plus, notre art martial propose non seulement une issue respectueuse à Tori (celui qui "conduit" le mouvement), mais aussi à Uke (celui qui attaque et "subit" le mouvement). L’aïkido se pratiquant dans un dojo avec des partenaires (et non des adversaires), il est nécessaire de laisser le temps et l’opportunité à chacun de se préserver, quelque soit le rôle endossé. C’est le principe du respect de l’intégrité physique et mentale du partenaire.

Aïkido et martialité 2/2

L’aïkido est donc limité de part et d’autre : la préservation du partenaire d’une part, et la volonté de s’imposer d’autre part. Ainsi, le Dojo est un lieu où nous apprenons, où nous ne punissons pas un placement inapproprié du point de vue martial. Toutefois, il faut y introduire une (des) réalité(s) martiale(s) à mesure que nous progressons. Les principes martiaux appris ne prennent tout leur sens que dans une application, une confrontation "véritable". Néanmoins, sur la forme, il y aura des différences car les adversaires ne réagiront peut-être pas comme ceux que l’on peut rencontrer à l’entraînement. Pour toutes ces raisons, apprendre à tordre un poignet ne suffit pas : se placer et placer les différents segments de son corps de telle sorte que cette torsion soit efficace, qu'elle soit faite avec un minimum d’effort, rester en sécurité, dans un confort certain, connaître, contrôler et maîtriser le niveau de douleur occasionné sont autant d’aspects fondamentaux et que l'Aïkidoka choisit d'intégrer dans un Dojo.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #art, #education

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Publié le 20 Mai 2013

Partie 1. Qu'entend-on par "martialité" ?

Aïkido et martialité 1/2

La martialité anime de nombreux débats au sein de la communauté des pratiquants d’arts martiaux. Loin de vouloir trancher, je vous propose mon approche personnelle de la martialité, telle qu’elle me semble être présentée par les différents techniciens que j’ai pu rencontrer.

Le dictionnaire Larousse donne la définition suivante de la martialité : « Se dit d'une attitude résolue, décidée, qui cherche à en imposer ». Ainsi, la martialité a pour but de s’imposer à l’autre, par la force si nécessaire. Il faut donc contraindre l’adversaire, l’obliger à se déplacer, à se soumettre à sa volonté. Pour autant, plusieurs experts de différents arts martiaux s’accordent à dire que la martialité n’est pas la violence, mais le contrôle de cette violence.

Aïkido et martialité 1/2

A mes débuts, la martialité était synonyme de violence. De violence, elle est passée progressivement à une contrainte imposée à un partenaire, obligé de faire ce que je souhaite, parce qu’il a mal. Un peu plus tard, je me suis rendu compte que l’on peut aussi inciter un déplacement (un pivot ou une chute par exemple) par la menace.

Il existe deux manières de contraindre le partenaire à se déplacer. La première consiste à agir mécaniquement, c’est-à-dire en tordant une articulation, en provoquant une douleur, en poussant, en utilisant sa propre force ou son propre poids. Si la force appliquée à ce point est plus intense que celle donnée en résistance, le partenaire devra se déplacer. C’est notamment le cas si l’on s’arrange pour peser de tout son poids sur une seule articulation, si l’on travaille sur un point de déséquilibre ou si l’on est plus fort que le partenaire. Dans le cas contraire, le partenaire ne bougera pas forcément.

Aïkido et martialité 1/2

La seconde manière consiste à inciter le partenaire à bouger par son propre placement. Uke se déplace parce qu’il se sent menacé. Rien ne l’y oblige mécaniquement, juste l’envie de ne pas se mettre en danger, en ne tournant pas le dos, en voulant maintenir un contact, une saisie ou plus simplement en ne perdant pas l’autre du regard. Ces solutions fonctionnent sur des partenaires « avertis », c’est-a-dire des personnes qui se doutent de tout le mal qui va leur arriver si elles ne bougent pas. Ce sont des partenaires vigilants, apportant « un sens martial » à leur pratique. Sur la vidéo suivante, le chroniqueur sur lequel Me Shioda Gozo démontre l'efficacité de l'Aïkido n'est manifestement pas suffisamment expert pour réagir à temps. Une grande partie de l'enseignement des professeurs d'Aïkido consiste donc aussi à éduquer Uke, à lui apprendre à détecter et réagir face à une situation menaçante. Dans un soucis d'éducation et de préservation de l'intégrité de son partenaire, un Aïkidoka aura parfois tendance à retenir son coup de manière à laisser le temps à Uke de se mettre à l'abri. Ce comportement contribue quelques fois à faire penser au spectateur que l'Aïkido n'est pas efficace car trop chorégraphié.

A ce titre, il me semble que la vigilance, la connaissance et la clairvoyance traduisent un comportement martial dans la mesure où leur inexistence engendre un comportement non martial. Le mouvement, la réactivité, la maîtrise de son propre corps, de ses émotions sont d’autres composantes incontournables de la martialité. Elles sont toutes mises au service d’un but : imposer sa volonté à l’autre.

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Rédigé par Julien Henriet

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Publié le 13 Mai 2013

Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #stage

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Publié le 29 Avril 2013

Se tenir entre terre et ciel

La recherche de la posture la plus confortable est une composante de l'Aïkido. Une « mauvaise » posture peut entraîner des traumatismes tandis qu’une « bonne » posture permet de décupler la puissance de la technique et assurer un grand confort de pratique.

Comme tous les autres membres, la tête a un poids. Il est donc préférable de la placer sur la ligne des épaules. Posée trop en avant ou en arrière, elle devra être retenue principalement par les muscles du cou (mais pas seulement car par réaction en chaîne, tous les autres groupes musculaire seront mis à contribution pour assurer l'équilibre global du corps). Si ceux-ci la retiennent en permanence, ils seront trop souvent contractés et fatigueront rapidement. Une tête posée sur les épaules tient en équilibre presque sans effort. Martialement, il est aussi important de la placer hors de portée des Atemi potentiels ; parfois légèrement en retrait, ou légèrement en avant à d’autres moments. Néanmoins, ces variations de placements doivent rester temporaires, furtifs et exécutés à certains instants précis.

De plus, il convient de poser les épaules sur les hanches. Les raisons sont les mêmes que précédemment. Les épaules et le dos sont néanmoins mobiles et participent aux actions de manière plus marquée que la tête. La flexion du dos sera faite la plupart du temps en conclusion d’un Nage Waza (technique de projection). La mobilité des épaules est, quant à elle, très importante. La capacité à « fermer » une épaule facilite le relâchement des bras et donne plus de puissance à la projection au prix d'un faible effort musculaire. C’est le cas par exemple en conclusion d’Irimi Nage ou de Tenchi Nage lorsque la main plonge dans le dos de Uke.

De la même manière, il est préférable de poser les hanches sur les pieds. Cet aspect postural permet en effet de s’ancrer au sol et de transmettre l’énergie du sol au reste du corps, comme une ondulation amplifiée par les jambes, les cuisses, puis le tronc, le dos et enfin les épaules. Le sol est en effet le point fixe qui permet à la balle de rebondir ou au sprinter de sortir des starting-blocks dans un mouvement explosif et puissant. La flexion des genoux est à rechercher en ayant toujours à l’esprit l’idée de conserver au moins l’un des appuis au sol et l’une des hanches sur une verticale de cet appui.

Se tenir entre terre et ciel

Pour finir, un soin particulier sera porté à la posture du bassin en rétroversion, à l’ouverture des épaules et à l’étirement de la colonne vertébrale. Quelque fois, les Aïkidoka oublient que les hanches sont sur les côtés du corps, juste au-dessus des cuisses. Les hanches ne sont donc pas le nombril placé le plus loin possible vers l’avant. Je veux dire par là qu’à vouloir trop travailler avec les hanches, certains pratiquants se cambrent trop (j’en fis d’ailleurs partie). Une cambrure du dos trop marquée entraînera inévitablement des maux de dos après plusieurs années de pratique. Ce défaut, tout comme celui de vouter le haut du dos, se corrigent très facilement en contractant les abdominaux, en emmenant le haut du crâne vers le ciel et les épaules vers l’arrière et le bas afin d’étendre au maximum la colonne vertébrale. C’est d’ailleurs un exercice postural conseillé aisément réalisable en-dehors du Tatami.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education

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Publié le 8 Avril 2013

La recherche du centrage

Le centrage est très important dans la pratique de l’Aïkido. Il se traduit par une posture permettant de construire et conduire les techniques avec une aisance et un équilibre évidents. Voici des éléments y contribuant et qu’il est donc important de mettre en place.

Les bras ont un poids. Ainsi, ils participent à la stabilité du corps mais ils peuvent aussi engendrer des déséquilibres. Cette stabilité est obtenue en les conservant au plus près de l’axe nez-nombril, sur une verticale. Ils peuvent aussi jouer le rôle de contrepoids dans certaines situations, ou donner de la vitesse à un geste (comme les lancers). Des bras fonctionnant en miroir l’un de l’autre, ou décrivant des trajectoires inverses contribuent donc à stabiliser le corps globalement autour d’un axe tout en insufflant une énergie au mouvement rotatif. Par ailleurs, plus ils sont relâchés, plus ils transmettent l’énergie créée par le déplacement du tronc.

Ainsi, pour générer le plus de puissance possible, les déplacements de l’Aïkidoka doivent être à l’image de ceux des autres sportifs : initiés par les hanches. Les membres périphériques suivent en étant relâchés, restituent et amplifient ainsi toute la force générée par leur déplacement. Il peut s’agir de rotations des hanches (henka), mais aussi de bascules du buste vers l’avant (conclusion d’Irimi Nage), ou encore d’une ondulation de tout le tronc (conclusion d’Ude Kime Nage). Ainsi, schématiquement, les mains bougent sur un axe très proche de la verticale tandis que les hanches pivotent ou avancent et sont responsables des déplacements horizontaux.

La recherche du centrage

La bascule du buste vers l’avant requiert une attention particulière à plusieurs niveaux. Les hanches doivent avancer toutes les deux. Si les bras sont trop en avant, le pratiquant positionne parfois ses hanches en arrière de manière excessive pour retrouver son équilibre et Uke, trop éloigné, ne subit plus la pression de Tori. L’action du dos cumulée à la contraction des muscles abdominaux apportent une force complémentaire importante à l’action (immobilisation ou projection).

Personnellement, je privilégie de plus en plus les pivots des hanches (henka) aux translations et pas marqués (tenkan) car ils me permettent de me déplacer beaucoup plus rapidement que mes partenaires et d’en rester très proche. En général, Irimi alors qu’Uke déclenche son attaque est un déplacement suffisant pour réduire la distance et me placer au cœur du mouvement. Plus je resterai proche de l’axe du mouvement, moins je mettrai de temps à me déplacer. Inversement, plus Uke sera éloigné de cet axe, plus il (elle) aura de distance à parcourir et plus il (elle) luttera contre la force centrifuge générée. Tenir cet axe me permet donc d’être plus stable, plus dense aux yeux de Uke et plus rapide que lui (ou elle).

Le centrage permet donc à Tori d’être plus puissant(e), plus rapide, plus dense tout en améliorant le confort de sa pratique, son équilibre et en utilisant un minimum de force musculaire. Il n'est donc pas surprenant de voir que le centrage est un élément technique utile à tous les sports, particulièrement aux arts martiaux et aux sports de combat.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education

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Publié le 25 Mars 2013

L'Aïkido : un art pour apprendre à se synchroniser

Cet article fait suite à celui portant sur le travail intérieur vers lequel je m'oriente. Je vous propose un approfondissement de trois des points que l'enseignement de Gilbert Maillot m'a permis d'identifier. Ces points ont tous en commun la synchronisation : entre Tori et Uke, entre la respiration et le geste, et entre l'intention et les gestes.

Le premier point est la synchronisation des gestes de Tori avec ceux de Uke. Celle-ci est fondamentale dans bien d'autres disciplines que l'Aïkido : les techniques de communication y font référence. Les personnes adoptant les mêmes postures et ayant une gestuelle similaire attisent « naturellement », voire inconsciemment, notre sympathie ! Quelle arme redoutable pour un Aïkidoka que de pouvoir attirer la sympathie d’une personne agressive rien qu’en synchronisant ses mouvements aux siens !... Mais n’est-ce pas le principe d’Irimi ? Uke bouge, Tori bouge. Uke fait un pas en avant, Tori propose sa main. Et c’est valable aussi en cours de mouvement. Par exemple, sur Irimi Nage, Tori attendra que Uke se relève pour déclencher l’action finale. Cette synchronisation existe aussi après la "conclusion de la technique" : Tori, par son regard, sa posture et son attitude, met en pression Uke tant que son partenaire manifeste de l'agressivité.

Une synchronisation avec Uke n’est pas suffisante, il est aussi important pour que les mouvements soient efficaces, de synchroniser sa propre respiration à ses propres gestes. Dans toute activité physique, l’expiration et l’inspiration doivent avoir lieu à des moments bien précis. C’est particulièrement vrai dans les sports de lancer, mais aussi en tir à l’arc, en natation, en musculation, etc. Le principe est d’inspirer durant les contractions des muscles du dos, de l’arrière des bras et des jambes, et d’expirer durant la contraction des muscles situés à l’avant du corps. Ce principe universel est valable aussi en Aïkido.

L'Aïkido : un art pour apprendre à se synchroniser

Toujours dans une recherche de rendement, d’efficacité et de puissance maximum, une synchronisation des directions d’action est importante : direction du regard, des hanches, des pieds et des mains. Il est vrai néanmoins que le regard guide l’ensemble du corps car l’œil est le premier élément du corps à se diriger dans la direction dans laquelle nous avons l’intention de nous rendre. C’est encore un principe appliqué dans toutes les activités physiques, même en conduite automobile : pour éviter un obstacle sur la route il faut regarder le chemin permettant de le contourner. Néanmoins, il convient de ne pas travailler sur ce « regard guidant » trop tôt, car il risquerait de déstructurer le corps, en précédant de manière trop marquée le pivot des hanches. Naname Irimi Nage est une technique intéressante pour aider à synchroniser les directions de ces quatre parties du corps. En effet, pousser vers l’avant en regardant derrière soi est bien moins efficace que de placer le regard dans la direction de la coupe finale. Il faudra veiller aussi à appliquer cette synchronisation durant tous les pivots (henka ou tenkan).

Ces synchronisations permettent de décupler la puissance de Tori presque de manière invisible, voire magique, sans que Uke n’en comprenne complètement les raisons. Maîtriser ces paramètres permet assurément de faire un pas vers une meilleure maîtrise du « Ki », pouvant être traduit par « énergie vitale », mais aussi par « souffle vital » ou encore « intention ». Plusieurs Maîtres d’Arts Martiaux semblent même agir sur leurs partenaires « sans contact »... Auraient-ils atteint un tel niveau de maîtrise de ces synchronisations ? Voici une vidéo surprenante de Maître Watanabe filmé à l'Aïkikaï, présentant un travail sujet à controverses qui m’interpelle tellement les synchronisations y sont évidentes...

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education, #besancon, #art

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Publié le 18 Mars 2013

Maître Noro Masamishi nous a quittés

Maître Noro était arrivé en France en 1961 pour y développer l'Aïkido.

Il avait progressivement adouci sa pratique. Le changement majeur étant survenu suite à un grave accident de voiture.

En 1979, il a créé le Kinomichi, qui reprend exactement les idéogrammes de l'Aïkido.

Toujours souriant, toujours habillé de blanc sur les Tatami, Maître Noro portait une ceinture blanche... Cela signifiait-il qu'il avait complètement exploré et intégré la philosophie et les techniques de l'Aïkido ?

Il restera de toute évidence un exemple à suivre pour de nombreux pratiquants de Kinomichi et d'Aïkido !

Démonstration de Jo de Maître Noro faite à la fin des années 70.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido

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Publié le 4 Mars 2013

Minimiser ses déplacements tout en gardant un maximum d’efficacité contribue indéniablement à se protéger car l’exécution des mouvements gagne en rapidité. Certains Maîtres ne semblent même pas bouger ! Ces vidéos de Maître Shioda et Ikeda sont édifiantes ! Comment font-ils ?

En abordant la technique d’Aïkido comme un support éducatif, et non plus comme une finalité martiale, un exercice consiste à considérer une technique et à l’exécuter de manière ample et lente, tout en l’analysant ainsi : énumérer mentalement les étapes, ressentir les instants auxquels Uke est déséquilibré, observer de quelle manière Tori est placé(e) par rapport à Uke au moment de son déséquilibre, observer les directions, les angles, les positions de mains par rapport à l’axe du corps et celui de Uke, la manière dont le poids du corps est réparti à ces instants-clés de la technique. Ces observations en tête, la deuxième partie de l'exercice consiste à trouver le moyen d'obtenir le même résultat (c’est-à-dire les mêmes positions, directions et placements de mains par rapport à Uke) tout en restant sur place.

Sept comportements observables m'apparaissent de première importance à ce jour :

  1. La synchronisation gestuelle avec Uke (Uke bouge, Tori bouge),

  2. Le relâchement des bras et un renforcement de l'assise, de l'ancrage dans le sol,

  3. Le centrage des mains sur l’axe nez-nombril,

  4. La transformation des déplacements des pieds en rotations des hanches autour de l’axe du corps,

  5. La posture maintenant le bassin en rétroversion,

  6. L'utilisation pleine et entière de la bascule du buste dans l’axe nez-nombril,

  7. La synchronisation de la respiration au geste.

Vers un travail intérieur

En plus de diminuer les déplacements de Tori, la mise en pratique de ces comportements observables permet de gagner en densité aussi bien dans le rôle de Tori que dans celui de Uke. Il peut être difficile au début de les mettre en pratique sur une technique "complète", aussi peut-on les appliquer dans un premier temps à nos déplacements. Transformer un déplacement Irimi-Tenkan en Irimi-Henka lorsque Uke saisit Katate Dori me paraît aussi être un excellent exercice. Uke doit être pris dans une spirale autour de Tori et non plus Tori dans une spirale autour de l'axe matérialisé par la saisie. Au fur et à mesure que ces comportements sont maîtrisés, l'inutilité de "pousser" ou "tirer" avec les bras devient évidente et est remplacée par une action forte des hanches dont les bras deviennent le prolongement.

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Rédigé par Julien Henriet

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Publié le 11 Février 2013

Objectif : individualiser la transmission

Vingt-et-une petites vignettes sont soigneusement collées dans mon passeport sportif d’Aïkidoka. 21 années de pratique, certaines plus intensives que d'autres... Quelques pages plus loin figurent les stages auxquels j'ai participé. Effectivement, certaines années ont été plus intensives que d'autres. Mes stages en témoignent... Mais certains m’ont plus apporté que d’autres…

Les premières pages sont remplies presqu’exclusivement de stages privés avec mon tout premier professeur. Quelques stages de ligue et quelques stages avec des techniciens de haut grade figurent ici et là. Je me souviens de ces stages où je ne comprenais pas ce qu'on me demandait de faire, où les gens ne pratiquaient pas tout-à-fait comme moi. Je me souviens aussi qu'il était très difficile d'être corrigé car il y avait beaucoup de monde et que l’animateur ne pouvait pas sans arrêt venir me voir. J'en sortais interpelé, incapable de remettre en œuvre ce qui m’avait été proposé et reprenais la pratique en club comme si rien ne s’était passé. Mais j'ai continué à y participer, non pas pour progresser, mais pour qu'ils soient notifiés dans ce précieux passeport. Et à chaque fois cette phrase revenait : "c'est un beau stage, il y a du monde !". Génial ! Et mon professeur en rentrant me demandait ce qu'on avait vu : "C'était super ! Un beau stage ! On a vu Ikkyo sur Men Ushi, puis Shiho Nage sur Katate, puis...". J'avais été incapable de déchiffrer ce que l'on attendait de moi !! C’est seulement au bout de plusieurs années de pratique que je me suis finalement posé la question "c'est quoi un beau stage ?". Trois points de vue m'apparaissent : celui du pratiquant, celui de l'organisateur et celui de l'animateur.

Objectif : individualiser la transmission

Du point de vue du pratiquant, l’accessibilité du travail proposé, l’écoute et les corrections du professeur, ainsi que les progrès visibles ou pistes de travail acquis grâce à ce stage doivent être les aspects privilégiés. Tous les pratiquants sans exception aimeraient être corrigés individuellement par le technicien et avoir des consignes claires. Chacun est différent, chacun emprunte un chemin différent, le technicien apporte en stage un regard extérieur sur des imperfections que le professeur de club ne voit pas toujours. Il explique les techniques différemment et montre un chemin. Un stage avec un public nombreux n'est donc pas forcément gage de progression, car le lien avec le professeur n'est pas forcément direct. A chacune et chacun d'y aller en toute connaissance de cause et à savoir s'il/elle est en mesure d'acquérir quelque chose sans necéssairement être corrigé(e) individuellement.

Pour être devenu organisateur de stages en 2006, je peux dire que ce rôle est le plus stressant car l’organisateur n’a presqu’aucune emprise sur ce qui arrivera. Il ne peut que communiquer largement au risque d’être trop insistant. Pour lui, Il me semble que c'est le nombre de stagiaires et leur satisfaction qui priment. En effet, l'idée est de faire venir un technicien qui permettra aux élèves de progresser. Comme il l'apprécie particulièrement, il tient à le faire connaître. Puisqu’il le fait venir de loin, il voudrait qu'il se déplace pour un maximum de monde, lui offrir "un beau stage". Parce qu’il a harcelé le service des sports de la ville pendant plusieurs semaines pour avoir une surface suffisante, il voudrait du monde pour occuper les 600 m2 de tapis quand le représentant de la mairie harcelée viendra faire un discours devant les journalistes locaux...

Du point de vue de l'animateur, c'est un mélange de rentabilité financière, de témoignages de sympathie que les stagiaires lui ont porté, leurs progrès réalisés ou initiés, la convivialité et l'échange. Bien entendu, tous ces critères varient largement d'un individu à l'autre, plusieurs aspects peuvent être même inexistants. Ils peuvent aussi varier pour un même technicien d’un stage à l’autre, en fonction des objectifs fixés. En effet, ces derniers sont différents pour un stage de ligue ou un stage privé, ou encore lorsqu’il s’agit d’un premier rendez-vous dans une nouvelle région. Certains techniciens, professionnels et amateurs, privilégient la convivialité, l'échange et se montrent très concernés par la progression de chaque stagiaire.

Objectif : individualiser la transmission

Me concernant, le critère financier est négligeable. Ces dernières années, j’avais en effet choisi de suivre en priorité des animateurs veillant personnellement à ma progression technique, me corrigeant et me montrant le chemin, parce que nous n’étions qu’une dizaine ou une petite vingtaine sur le tapis, parce qu'ils prenaient le temps d'échanger. Suivant ces exemples, la mission que je me donne donc en stage comme en cours est d'apporter quelque chose à chaque Aïkidoka présent(e) sur le Tatami.

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Rédigé par Julien Henriet

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Publié le 3 Février 2013

Séminaire du CTR de la Ligue FFAAA de Franche-Comté

Samedi 9 février 2013

De 14h30 à 17h30

À Lons-le-Saunier, au Dôjô Départemental, 101 Rue du Colonnel Casteljau

Le thème sera le déséquilibre et son appréciation lors des passages de grades Dan.

Ce séminaire gratuit est ouvert à tous les candidats aux passages de grade Dan, enseignants et futurs enseignants des ligues FFAAA Franche-Comté et Bourgogne.

Il sera co-animé par les membres du Collège Technique Régional de la Ligue FFAAA Franche-Comté :

Hervé Guénard (6ème Dan), Isabelle Denojean (4ème Dan), Julien Henriet (4ème Dan), Arnaud Guillaume (3ème Dan) et Geoffroy Lotz (3ème Dan).

Plus d'informations sur le site de la Ligue FFAAA de Franche-Comté.

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Rédigé par Julien Henriet

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