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Publié le 12 Janvier 2015

Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #besancon, #stage, #budo, #education

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Publié le 14 Décembre 2014

Je vous propose de quoi lire et regarder pour bien terminer l'année !

Voici ce qui est pour moi l'une des plus belles vidéos de promotion de l'Aïkido !

Joyeuses fêtes de fin d'année !

Le dernier numéro du magazine Aïki Mag de la FFAAA est sorti. Il contient plusieurs articles intéressants concernant l'Aïkido chez les jeunes adultes, notamment les jeunes enseignants d'Aïkido !

Un jeune professeur d'Aïkido bisontin y est à l'honneur ! En couverture, s'il vous plaît ! Jérôme Gloriod y signe aussi un témoignage montrant toute la richesse de notre art !

Vous pouvez télécharger ce numéro du magazine ici : http://telechargement.ffaaa.com/ffaaa/aikido-mag/aiki-mag-1412.pdf

Joyeuses fêtes de fin d'année à toutes et tous !!

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #federation, #education, #jeunes, #besancon

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Publié le 29 Juillet 2014

Gilles Promsy est un Aïkidoka au parcours exceptionnel ! Après une grave opération du coeur, les médecins lui déconseillent de continuer le sport. Pourtant Gilles décide de reprendre l'Aïkido et passe avec succès l'examen du 1er Dan en juin dernier !

Gilles Promsy, un Aïkidoka hors norme ! Interview

Julien Henriet – Bonjour, Gilles. Peux-tu nous expliquer ton parcours hors norme, stp ?

Gilles Promsy - j’ai 57 ans. J’étais un grand sportif de course à pied, je pratique le Yoga depuis 10 ans et l’Aïkido depuis 54 ans.

Il y a 2 ans, suite à un contrôle médical, mon cardiologue a découvert une insuffisance mitrale très importante (70% de fuite liée à un souffle au cœur). Il fallait opérer rapidement parce que le cœur compensait et se déformait peu à peu.

Cela a été un choc, complètement inattendu. Car je n’avais aucun symptôme apparent, de par mon passé de sportif mon cœur compensait. L’opération a eu lieu en septembre 2012 à l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

L’opération a consisté à placer 2 "cordages basaux" et à les suturer sur l’anneau mitral. Une sternotomie (ouverture verticale du sternum) a été effectuée. Le cœur a été arrêté 2 heures. J’ai été relié à une machine qui a suppléé la fonction cœur-poumon. L’opération a duré 10 heures au total.

Aujourd’hui, je retrouve petit-à-petit une bonne forme, et je continue à améliorer ma capacité respiratoire qui avait été partiellement atteinte suite à l’ouverture et l’écartement du sternum.

J’ai dû arrêter la course à pied et ne pense pas pouvoir reprendre cette activité. J’ai continué le Yoga et repris l’Aïkido 5 mois après l’opération.

JH – Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de passer ce Dan malgré l’avis médical ?

GP - L’Aïkido m'a paru l'activité la plus appropriée pour retrouver la forme, et pour reprendre confiance en moi.

Et, pour moi, reprendre simplement l’Aïkido n’était pas suffisant, j’avais envie, besoin, d’aller plus loin et de passer le Shodan.

Je suis donc passé outre la "réserve médicale", qui ne concernait pas le cœur proprement dit mais les suites post-opératoires (cicatrisation, consolidation, respiration). J’étais surtout à l’écoute de mon corps, tout en restant prudent.

Aujourd'hui je vis cela comme une expérience gratifiante, au cours de laquelle mon esprit et mon corps sont en harmonie.

JH - Est-ce un défi que tu t’es lancé ?

GP - Ce n’est pas vraiment un défi. Comme je l’ai dit, j’avais simplement besoin de me prouver que j’étais capable de retrouver des sensations physiques et mentales éprouvées auparavant.

En préparant et en réussissant le Shodan, je me suis rendu compte que j’en étais capable.

JH - Avec le recul, comment qualifierais-tu cette décision ? Courageuse, téméraire, risquée, nécessaire ?

GP - La décision que j’ai prise est venue naturellement, spontanément.

J’aime ce proverbe oriental : Tomber sept fois et se relever huit tel est le chemin…

JH – Comment t’es-tu entraîné ? Quelles ont été les phases de cette préparation ?

GP - Après mon opération du coeur, j'ai repris l'Aïkido de manière progressive, puis de manière plus intensive. En complément des cours de mon club (l'Association Nîmoise Kenbukaï), j'ai participé à de nombreux stages le week-end et j'ai bénéficié de cours auprès de clubs de Garons et de Marguerittes dont les professeurs gardois sont André Bono, Serge Grissi et Jacques Bouvier.

La pratique du Yoga m'a également aidé dans ma préparation en Aïkido.

L’Aïkido et le Yoga ont des origines communes. A mon sens, la complémentarité entre la pratique du Yoga et l’Aïkido est presque parfaite. Dans les deux disciplines les exercices développent des capacités similaires (concentration, précision, conscience du corps et respiration) et interagissent pour donner plus d’efficacité. Une sorte de coup double !

Puis le geste simple, sans cesse répété, transforme la personne qui le fait, ce qui importe est le geste juste, le geste pur.

JH - As-tu été suivi spécifiquement par ton médecin ? Faisais-tu des bilans réguliers avec lui avant de passer chaque étape ?

GP - Oui, j'ai été suivi régulièrement, notamment la 1ère année après l'opération.

Je pense que ma "guérison" est due principalement à ma reprise en douceur mais déterminée d'une activité sportive, de mon hygiène de vie, d'une alimentation saine et du recours à des médecines complémentaires …

JH - Quels ont été les conseils qui t’ont le plus marqués/motivés

GP - J'ai reçu peu de conseils, des encouragements sans aucun doute. Je me suis fié à moi-même.

Ce que je peux dire c'est que 6 mois après l’opération, l’Aïkido était devenu indispensable. La progression était difficile, avec parfois des moments de doute et de souffrance. Mais j’arrivais à accepter ce qui est difficile à accepter. C’est étonnant, après chaque moment difficile je me sentais un peu plus fort mentalement.

JH - Merci beaucoup de nous avoir fait part de ton expérience, Gilles ! Félicitations pour l'obtention du Shodan ! A bientôt sur les Tatami !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #interview, #budo, #education, #art, #sport

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Publié le 4 Juin 2014

Formons ensemble une nouvelle génération d'Aïkidoka !

Après avoir augmenté de manière très significative dans les années 80-90, le nombre de pratiquants d’Aïkido diminue chaque année. Les Aïkidokas vieillissent et le niveau global augmente. Force est de constater qu’il y a de moins en moins de pratiquants. De plus, les nouveaux diplômes d’Etat obligatoires pour pouvoir enseigner contre rémunération (DEJEPS et DESJEPS) ont remplacé les anciens (BEES1 et 2) et nécessitent un investissement incroyablement plus important ! Seul le CQP (Certificat de Qualification Professionnel) peut être obtenu sans nécessairement quitter son emploi et permet d’enseigner contre rémunération. Il nécessite néanmoins d’être « encadré » par un tuteur ayant le DEJEPS. Sachant que 95% des professeurs de club sont bénévoles et qu’il est très difficile de dégager un salaire pour ne vivre que de l’enseignement de l’Aïkido, ces changements constituent un nouveau frein au développement de l’Aïkido en France. Plus fondamentalement, l’Aïkido peut-il conserver son statut de discipline pratiquée en France dans un état d’esprit Japonais ? Peut-on concilier les deux approches ? L’évolution de l’Aïkido doit-elle passer par une augmentation du nombre de pratiquants ?

Après tout, le nombre de pratiquants doit-il nécessairement augmenter ? Rester sur une pratique confidentielle qui ne s’adresse qu’à des passionnés comporte de nombreux avantages en termes de qualité de pratique et de suivi des élèves. Plusieurs professeurs ont fait ce choix et acceptent d’avoir moins d’une dizaine d’élèves à leurs cours. L’Aïkido « authentique » y est préservé. Ce choix privilégie donc la qualité à la quantité, mais dès qu’il s’agit de participer activement à la vie fédérale, les difficultés surviennent. L’organisation de stages et la saturation du calendrier apportent de nouvelles pressions comme trouver un lieu permettant une pratique confortable et garantir une participation minimale. Pour le Dojo, les Judokas sont presque systématiquement prioritaires et les participants aux stages seront majoritairement les adhérents du club organisateur. Une solution consisterait à prendre modèle sur des disciplines comme le Yoga ou le Taï Chi Chuan et augmenter les tarifs de manière significative mais qui pourrait se permettre de pratiquer ? De jeunes adultes passionnés d’arts martiaux ? Pas sûr. S’orienter vers ces choix privilégiant la qualité à la quantité implique donc d’accepter de perdre des pratiquants, de les voir vieillir, d’être bien installé dans un Dojo et de s’impliquer de manière mesurée dans la vie fédérale.

Formons ensemble une nouvelle génération d'Aïkidoka !

Pour augmenter le nombre de pratiquants, il faut des enseignants diplômés, compétents, impliqués dans la progression de leurs élèves et continuant à se former, un lieu de pratique agréable et confortable, une véritable stratégie de communication et des tarifs dans la moyenne de ceux pratiqués. Les seules ressources d’un club sont insuffisantes pour tout assumer. Les aides de l’Etat et des collectivités territoriales sont nécessaires, ne serait-ce que pour la mise à disposition d’un Dojo. Or, les moyens financiers et matériels sont accordés en priorité aux pratiques artistique avec spectacle, sportive et/ou éducative.

L’Aïkido, en tant qu’art martial, peut être considéré comme une pratique artistique et pourrait prendre exemple sur la danse. Mais, les organismes publics attendent d’une discipline artistique des représentations (ou des expositions), la constitution d’un public en somme. Cette orientation impliquerait, à mon avis, une intensification des démonstrations d’Aïkido. C’est l’un des modes sur lequel ont beaucoup joué nos techniciens pour intéresser un large public. Le risque serait de tomber dans des formes trop démonstratives, mais beaucoup savent gérer cet équilibre entre démonstration et travail plus interne et personnel.

Formons ensemble une nouvelle génération d'Aïkidoka !

Faire évoluer l’Aïkido vers le sport implique d’y introduire la compétition. En effet, l’Etat subventionne en priorité les sports compétitifs et parmi eux, les disciplines olympiques qui lui permettent de briller sur la scène internationale. D’autres arts martiaux l’ont fait. D’autres arts l’ont aussi introduite (la danse, le patinage artistique). Certaines écoles d’Aïkido l’ont aussi développé. Cette orientation présenterait des avantages tels que la remise en question de sa pratique, la recherche de la perfection du mouvement préparé. Administrativement, l’accès aux Dojo serait plus aisé, des entraîneurs, techniciens régionaux et nationaux pourraient être rémunérés par l’Etat. Toutefois, l’Aïkido tel que nous le connaissons et le pratiquons en pâtirait. De plus, beaucoup de pratiquants sont venus à l’Aïkido parce que, justement, il n’y avait pas de compétition, pour trouver et défendre leur propre place et non l’imposer de manière plus ou moins agressive ! L’Aïkido est avant tout une pratique pour soi avec les autres, où chacune et chacun progresse à son propre rythme sans confrontation ni obligation de résultat. La compétition n'y a donc aucune place.

Formons ensemble une nouvelle génération d'Aïkidoka !

Il reste donc la voie éducative. Et l’Aïkido est en effet un système éducatif (un « Dô »). L’Etat et les collectivités territoriales sont prêts à donner des aides pour le développement de disciplines éducatives, à condition qu’elles soient dédiées aux jeunes. Au regard de la situation actuelle, s’orienter sur cette voie signifierait intensifier et promouvoir l’Aïkido auprès des jeunes avec un effort de formation, de promotion, et de valorisation des enseignants des sections jeunes. Ceux-ci ne sont en effet pas toujours suffisamment mis en avant. Ces cours sont même souvent assurés par des moins gradés ou par des enseignants considérés comme des assistants des sections d’adultes alors qu’il faut être extrêmement compétent techniquement et pédagogiquement pour mener un vrai cours d’Aïkido à un groupe d’enfants. La moyenne d’âge des 550 000 pratiquants de Judo est de 6 ans ½ ! Et beaucoup d’enfants arrêtent le Judo à cause de la compétition. L’Aïkido pourrait être une véritable alternative et recevoir d’énormes moyens en s’orientant dans ce sens. Il y aurait peu de risques d’altérer la nature-même de notre pratique et de permettre aux jeunes débutants de continuer à pratiquer toute leur vie, tout naturellement, sans discontinuer. Nous avons été ces dernières années plutôt incités à nous tourner vers les séniors car c’est ce que nous devenons... Loin de devoir les négliger, ne devrait-on pas plutôt nous orienter vers les plus jeunes ? A 70 ans, préférerons-nous pratiquer entre septuagénaires ou avec de jeunes adultes ? Les contraintes physiques sont-elles plus importantes à 6 ou à 70 ans ?... Les enfants sont moins disciplinés, demandent plus d’attention, d’imagination, de renouvellement, de remise en question et d’efforts, certes, mais ce sont aussi des qualités à développer pour mener des cours d’Aïkido aux adultes, non ?

Formons ensemble une nouvelle génération d'Aïkidoka !

​​​​En conclusion, il me semble que le renouvellement des enseignants et des pratiquants doit être la priorité absolue ! C’est en effet en ce moment que nous formons les enseignants de demain. Il me semble aussi de première importance de se pencher sur les modalités d’obtention des diplômes d'enseignants bénévoles et professionnels car à l’heure actuelle, aucun Aïkidoka ne peut passer un diplôme sans un tuteur DEJEPS ou DESJEPS… et plus personne ne peut matériellement consacrer le temps nécessaire à l’obtention de ces deux nouveaux diplômes ! J’entends dire que « les parts du gâteau sont toutes distribuées », mais j'espère de tout coeur que les dirigeants des fédérations délégataires ne cautionnent ni ne relaient ces affirmations car statutairement, il est écrit noir sur blanc dans la Loi que toutes les fédérations délégataires ont justement pour mission de partager ce gâteau car elles ont l'obligation de former des cadres ! Je dirais même que les auteurs de ces propos n'auraient pas leur place à la direction de ces fédérations ! Cela ne veut pas dire qu'il faille mettre nos professeurs expérimentés à la porte ! Bien au contraire ! Nous, jeunes enseignants, attendons d'eux qu'ils nous forment, qu'ils nous préparent et qu'ils nous donnent les moyens de transmettre quand notre tour viendra ! Alors, réveillons-nous et formons ensemble une nouvelle génération d’Aïkidoka !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #education, #federation, #art, #budo, #sport, #jeunes, #enfants

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Publié le 26 Mai 2014

Les démonstrations d'Aïkido annuelles des Shihan ont commencé !

C'est toujours un plaisir de voir avec quelle diversité peuvent s'exprimer les principes de l'Aïkido !

Merci à Guillaume Erard de nous faire partager ces moments !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #art, #education

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Publié le 20 Mai 2014

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir ou revoir cette superbe vidéo !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #art, #budo

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Publié le 17 Décembre 2013

En guise de cadeau pour ces fêtes de fin d'année, voici deux vidéos magnifiques et très différentes illustrant à quel point l'Aïkido est une belle discipline.

La première est une démonstration d'Aïkido de Magali Chambenoit en fauteuil roulant.

La seconde est une démonstration de Marc Bachraty aux Ken et Boken.

A savourer sans modération !

Heureuses fêtes de fin d'année 2013 à toutes et tous !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #art, #budo, #handicap

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Publié le 21 Novembre 2013

Le maniement du Boken en Aïkido

Nous sommes de nombreux Aïkidoka à être très attachés au travail du Ken. A travers lui, nous remontons à la source de notre art martial favori. C’est traditionnel, c’est formateur et en plus, c’est fun ! Le Ken est l’Arme du Samouraï ! Pour autant, le Boken nous permet-il de mieux comprendre le message d’O Senseï ? Il nous permet de matérialiser une coupe, c’est-à-dire une séparation, une dissociation ! Tout le contraire d’une union ! De plus, l’issue est alors irréversible, définitive ! Où sont donc l’harmonie, la compassion et la bienveillance ? Tout cela semble, a priori, bien loin de la philosophie de l’Aïkido…

Certes, le Boken peut être vu comme un outil pédagogique. Le travail du sabre est en effet intéressant pour mieux comprendre les déplacements, les directions dans lesquelles l’intention doit être portée. Il permet aussi d’introduire de la « martialité », de créer une situation plus dangereuse qu’à l’accoutumée. Toutefois, il ne s’agit que de la partie immergée de l’iceberg ! L’Aïkido n’est pas seulement un catalogue de techniques, de poses, de gestes et de chorégraphies complexes à maîtriser, c’est aussi et avant tout un outil nous permettant de devenir meilleurs. En quoi apprendre à trancher quelqu’un en deux nous rend-il meilleurs ?!

Le maniement du Boken en Aïkido

L'entraînement au maniement du Ken nous oblige donc à nous demander ce qui fait de nous des Aïkidoka car celui-ci nous pousse mentalement à l'une des frontières de notre discipline : donner la mort ! O'Sensei a pourtant inclus cette pratique dans son art. En chercher les raisons peut nous permettre de mieux comprendre le message qu'il a souhaité nous transmettre.

Le simple fait d'exécuter des techniques d'Aïkido nous définirait plus comme Aïkijutsuka. Et encore, ces techniques sont transmises dans bien d'autres arts martiaux. Plus généralement, à partir de quel moment peut-on dire que nous sommes Aïkidoka quand nous pratiquons ?

Selon plusieurs documents, notamment l'interview de Me André Noquet ci-dessous, O'Sensei semblait persuadé que la pratique, l'exécution et la répétition des techniques d'Aïkido influencent notre esprit, notre manière d'être. L'entraînement physique a donc pour objectif de guider l'Esprit. Par conséquent, il faut être particulièrement attentif à l'état d'esprit dans lequel nous exécutons et enseignons les techniques une fois la gestuelle maîtrisée ou partiellement acquise.

Voici donc les pistes que j’explore actuellement :

  • mesurer l’importance et la gravité des gestes (coupes, piques, ...) simulés,
  • signifier le plus clairement possible à Uke qu’il est en position de faiblesse par le biais de son attitude,
  • ne recourir à une coupe définitive qu’en cas d’absolue nécessité, par exemple, si Uke reste belliqueux alors que vaincu,
  • chercher avant tout à mâter l’agressivité de Uke et non Uke lui-même et pour finir
  • se servir du Boken pour tenir Uke en respect.

Si maîtriser la chorégraphie des techniques et la manière de les rendre efficaces est incontournable, cela ne suffit pas à être Aïkidoka. Ce dernier a un état d'esprit bien particulier. L'observation scrupuleuse de ces points permet, me semble-t-il, de rester fidèle à la philosophie de l'Aïkido tout en s’entraînant minutieusement au maniement du Ken. Les coupes sont bien présentes, en apparence les gestes et les déplacements sont les mêmes que ceux enseignés dans d'autres arts martiaux, mais ils sont effectués dans un esprit conforme et propre à la philosophie si particulière de l'Aïkido. Les principes proposés par notre art pour construire et conduire les techniques sont alors eux-aussi respectés et travaillés : la synchronisation avec Uke et la rupture de son équilibre, le contrôle bienveillant de la situation, la construction de mouvements en spirale autour d'axes, la maîtrise et la circulation de l'énergie et l'attitude martiale.

Torii de Miyajima photographié par Cécilia Cayla.

Torii de Miyajima photographié par Cécilia Cayla.

Durant l'entraînement au maniement du Ken, nous sommes donc confrontés au paradoxe de notre art : l'Aïkido est un art martial de paix !

Un axe de réflexion m'a été proposé récemment par un Aïkidoka très expérimenté : « Le loup peut choisir la clémence, l’agneau n’a pas d’autre choix que d’être clément. ». Cela signifierait qu'il faut aller aux limites, s'y confronter, peut-être même maîtriser des outils situés au-delà de ces limites avant de pouvoir un jour les transcender et choisir de ne pas les utiliser ou de les utiliser d'une autre manière. La boucle serait alors bouclée : la pratique forge le mental, une fois la maîtrise acquise c'est le mental qui forge l'outil...Tout un programme, toute une Voie...

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #budo, #aikido, #education, #art

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Publié le 7 Novembre 2013

L’engouement des Français pour l’Aïkido est incontestable ! La France est en effet la deuxième nation (après le Japon) comptant le plus grand nombre d’Aïkidoka ! Certains traits historiques, sociologiques et culturels communs peuvent l'expliquer, notamment l'esprit de chevalerie fermement ancré dans ces deux nations. Mais il n’explique pas tout car l’esprit chevaleresque existe aussi dans bien d’autres civilisations qui ne comptent pourtant pas autant de pratiquants qu’en France. La lecture de l’essai d’Edward T. Hall intitulé « La dimension cachée » m’a apporté d'autres éléments de réponse.

Merci à Cécilia Cayla pour cette magnifique photographie !

Merci à Cécilia Cayla pour cette magnifique photographie !

Dans cet ouvrage, l’auteur exprime et analyse de quelle manière la culture des civilisations influence les comportements des citoyens. L’auteur remarque, entre autres, de quelle manière les cartes routières sont représentées et la manière dont sont organisées les villes Françaises. Nous avons adopté une organisation radiographique et concentrique pour nos villes. A Paris, par exemple, l’Arc de Triomphe est l’élément central de la ville, voire même du pays entier. Les routes irradient de ce point vers l’extérieur. Cette organisation peut être mise en parallèle de celle des maisons Japonaises construites autour d’un Tatami central : les meubles et les murs bougent au gré des besoins. Les japonais se regroupent en ce point et le quittent le moins possible : le Tatami sert successivement de table, de bureau, de cuisine, de lit, de terrain d’entraînement, etc. Cette organisation centrale renvoie à la structuration des mouvements de l’Aïkidoka : en spirale. La rondeur des mouvements d’Aïkido et leur construction par enroulement autour d’un axe central sont donc particulièrement appréciées des Français.

Pourquoi les Français apprécient-ils tant l’Aïkido et le Japon ?

La seconde observation intéressante faite dans ce livre repose sur la quantité importante d’informations répertoriées sur nos cartes routières : aux tracés des routes viennent s’ajouter les panoramas, les vestiges de notre histoire, les lieux culturels, les restaurants, les forets, etc. L’auteur insiste sur le fait que les Français utilisent tous leurs sens pour voyager, communiquer, travailler, se divertir... Or, chaque technique d’Aïkido mobilise tous les sens. La pureté et la beauté des gestes sont intensément recherchés par la plupart des Aïkidoka Français. L’Aïkidoka doit faire appel aux sensations tactiles aussi bien qu’à la vue et l’ouïe (les Kiaï, le sifflement des armes lors des frappes, etc.). Il est même invité à développer des sensations internes et à sentir une énergie circuler en lui ! Selon les observations d’Edward Hall, le Français mobilise tous ces sens pour communiquer avec son interlocuteur et c’est exactement ce que l’Aïkido lui propose !

Cependant, à mon sens, l’Aïkido est perçu par la beaucoup de Français comme une voie d’accomplissement et d’épanouissement plus que celle d’un guerrier. C'est peut-être là que résident toutes les différences entre nos pratiques et nos conceptions respectives de l’Aïkido, cet art qui nous fait nous sentir si proches du Japon !

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #art, #budo, #sport, #education

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Publié le 28 Août 2013

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Cinq techniques de la nomenclature de l’Aïkido occupent une place particulière car elles sont définies comme étant « les cinq principes de l’Aïkido » : Ikkyo, Nikyo, Sankyo, Yonkyo et Gokyo dans cet ordre. S’il paraît évident qu’Ikkyo est la plus fondamentale (par son apparente simplicité chorégraphique et le fait qu’elle sert de base de travail à bien d’autres techniques, notamment les autres principes), pourquoi avoir choisi Nikyo comme deuxième principe ? En effet, la chorégraphie de Nikyo en fait une technique plus complexe à retenir que Sankyo ou Yonkyo, par exemple. De plus, cette gestuelle ne se retrouve pas dans la plupart des autres techniques de l’Aïkido. Pourquoi ne pas avoir choisi Kote Gaeshi ou Shiho Nage en lieu et place de « deuxième » (Ni) « principe » (Kyo) ? Il est donc évident que ces techniques éduquent l'Aïkidoka et qu'elles doivent être étudiées dans un certain ordre.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Grâce à Ikkyo, l'Aïkidoka apprend à créer et gérer un déséquilibre. Celui-ci est obtenu par synchronisation avec son (sa) partenaire en le (la) fixant sur son appui arrière (forme Omote) ou en prolongeant son action (forme Ura). Il est donc intéressant de concevoir le déséquilibre de Uke comme étant le premier des principes de l’Aïkido, fondement de toutes ses techniques.

Nikyo est quant à elle, une technique de contrôle du partenaire, agissant mécaniquement sur les articulations. Ce contrôle intervient après avoir créé un déséquilibre. Etre en mesure de contrôler de manière bienveillante un(e) partenaire est un deuxième principe incontournable de notre art martial favori.

La spirale et le cercle caractérisent l’Aïkido et permettent d'unir les intentions de Uke et Tori. Sankyo incite à créer des axes et à construire un mouvement en spirales autour de ceux-ci. L'éducation porte alors sur le centrage et les pivots du corps. Les axes sont aussi bien horizontaux (forme Omote) que verticaux (forme Ura).

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Yonkyo renvoie indéniablement à l’énergie, aux points d’acuponcture et aux méridiens de la médecine orientale. Il serait en effet surprenant que cette fameuse énergie vitale « Ki » ne figure pas parmi les principes fondamentaux de la voie de l’union des énergies ! Bien qu’en apparence simple à réaliser, il est extrêmement facile d’en retourner le cours si Tori ne bloque pas l’énergie de Uke. Il s’agit incontestablement de l’une des techniques les plus difficiles à maîtriser pour qui ne s’intéresse pas aux aspects énergétiques. Son apparente simplicité chorégraphique peut nous faire passer à côté de son essence.

Il paraît logique que Gokyo renvoie à la martialité, la liberté contre l’adversité convaincue de sa supériorité. Gokyo met en jeu les quatre premiers principes et nous apprend à affirmer notre détermination (autre traduction du mot « Ki ») face à Uke armé d’un Tanto alors que Tori est désarmé.

Forger son Aïkido au travers des cinq principes

Si nous reprenons dans cet ordre les cinq principes énoncés, une progression cohérente se dessine alors : déséquilibrer Uke, contrôler Uke de manière bienveillante, construire un mouvement en spirale autour d’un axe, maîtriser la circulation de l’énergie dans le corps, et pour finir, se forger une attitude martiale. Chacune des techniques, et même au-delà de cela, l'Aïkido de chacun(e), peuvent ainsi être construits selon ces critères successifs et dans cet ordre.

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Rédigé par Julien Henriet

Publié dans #aikido, #budo, #education

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